Ce matin, j’ai ouvert mon Petit Robert à la définition famille, et ça partait plutôt bien puisque j’ai lu qu’éthymologiquement, famille signifiait un ensemble de « personnes vivant sous le même toit ». Evidemment, on entrant dans les détails de la définition, on arrivait rapidement aux précisions telles que « traditionnellement, la famille est composée du père, de la mère et des enfants ». Si j’en suis arrivée à consulter le dictionnaire, c’est que je me demande souvent comment faire pour que les familles non-traditionnelles puissent être reconnues. Plusieurs couples sont actuellement en procès pour faire reconnaître un 2e papa ou une 2e maman, pour obtenir un transfert d’autorité parentale ou encore pour faire inscrire comme 2e ou 3e prénom d’un enfant le nom de la maman, ce qui est le plus souvent impossible quand bien même ce nom patronymique est un prénom. Pourquoi ces refus ? Parce que la 2e maman ou le 2e papa serait inscrit dans la filiation de l’enfant. Comment arriver à faire reconnaître un mode de vie différent ? Et d’ailleurs, l’est-il vraiment, différent, hormis cette incapacité à concevoir « touts seuls » un 3e être ? Je me demande souvent si les familles que l’on nomme monoparentales ont eu les mêmes difficultés. Sans doute, si l’on accepte que la différence choque, intrigue et/ou effraie. Je me demande souvent comment parvenir à vivre réellement comme tout le monde, c’est-à-dire à disposer des mêmes droits que tout le monde.

Faut-il la boucler et attendre que les choses bougent d’elles-mêmes ? Le contexte politique actuel est plutôt défavorable. Faut-il l’ouvrir grand, manifester, hurler pour se faire entendre ? Personnellement, je ne pense pas que les défilés colorés et volontairement provocateurs soient productifs, mais c’est un autre débat. Il resterait la 3e voie, la voie du milieu : vivre simplement, comme tout le monde, sans se cacher, sans s’afficher outrancièrement. Montrer que l’on peut vivre le plus naturellement du monde, sans mettre en péril l’ordre établi. Après tout, pour la plupart des actes de la vie courante, c’est comme cela que ça se passe, on ne fait aucune distinction. Est-ce comme cela qu’on arrivera à se faire entendre ? Est-ce que cela sera suffisant ?

Cactus