25 mai 2009
L'anonymat sur les blogs
Comme l'a bien décelé Olympe, j'ai un peu de temps devant moi en ce moment que je mets à profit de bon matin pour réfléchir à l'anonymat sur les blogs. Le tag de départ se trouve ici et le sujet est le suivant : « Bon, Mesdames,
Messieurs, chers compatriotes, on parle beaucoup de l’anonymat dans les blogs
mais au fond de nous-mêmes est-ce qu’on ne devrait pas s’en foutre royalement
dans la mesure où la plupart des gens ne savent même pas ce qu’un blog ?
Ne serait-on pas un peu trop centrés sur nous-mêmes ? ».
Quand nous avons débuté ce blog, nous ne savions pas ce qu'il allait devenir. Il était conçu et voulu au départ comme un témoignage, quelque chose que l'on garderait, qui resterait, que l'on pourrait transmettre. Évidemment, on aurait aussi pu prendre un stylo et un cahier ou encore frapper notre texte au kilomètre et le laisser bien au chaud dans l'ordi. Mais l'interactivité offerte par les blogs nous a plu et décidé à franchir le pas. A l'ouverture du blog donc, il ne nous est pas venu à l'esprit de bloguer sous nos véritables identités. Sentiment de protection de l'anonymat ? Petit jeu qui fait que les blogueurs lambda peuvent eux-aussi prendre des pseudos ? Réflexe ? Certainement un peu des trois encore que la première hypothèse me semble la plus importante. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais nous faisons attention aux sujets évoqués ici : peu de billets sur nos boulots respectifs pour ne pas risquer de se laisser emporter par nos élans et publier des choses qui pourraient se retourner contre nous plus tard. Finalement, le blog nous sert aussi à garder un lien avec les personnes qui sont loin de nous et suivent nos aventures. On n'avait pas pensé qu'il évoluerait vers cela, mais c'est très bien ainsi.
Il y a quelque chose de contradictoire entre utiliser un pseudo d'une part et se dévoiler à la face du monde d'autre part. Entre militer (gentiment en ce qui nous concerne) mais à visage couvert. C'est un fait. Lorsque nous avons levé notre anonymat auprès de certains lecteurs et lectrices du blog, ça a été toujours été volontaire. Nous n'avons jamais été "outées". Bloguer sous un pseudo c'est aussi avoir l'impression d'être un peu quelqu'un d'autre (je me suis surprise l'autre fois à signer un mail Cactus au lieu de mon prénom, je l'ai heureusement vu à temps), de changer de peau alors que c'est bien notre "vraie" vie que l'on raconte, on ne joue pas à être quelqu'un d'autre.
Comme le souligne Olympe, le vrai risque ne réside pas tant dans la communauté des blogueurs que dans le système internet plus largement. Go*gle, lui, garde tout en mémoire et bloguer sous son vrai nom, c'est prendre le risque de voir rejaillir des mois voire des années plus tard des propos que l'on aurait tenus et qui ne seraient plus d'actualité. Bien sûr, ce risque existe aussi en utilisant un pseudo, et je ne doute pas que le lien pseudo-auteur puisse être fait facilement, en tout cas d'un point de vue technique. Un blogueur se regarde aussi le nombril. Il raconte sa petite vie, étale ses opinions mais prend soin qu'on ne puisse pas le reconnaître. Tout cela semble un peu confus j'en ai bien peur. J'aurais eu une bien piètre note à une dissert' de philo sur le sujet ;-)
Cactus
09 mai 2008
Du désir d'enfant au droit à l'enfant
Je viens de terminer un petit bouquin un poil provocateur, Les homosexuels peuvent-ils avoir des enfants ? L’auteur, Pascale-Marie Deschamps est rédactrice en chef adjointe aux Enjeux-Les échos, où elle s’occupe des questions de société. Derrière l’ambivalence de la formule « peuvent-ils », la thèse de l’auteur est finalement assez claire : oui, ils devraient en avoir le droit. Elle s’attache alors à en démontrer les raisons, expliquant surtout qu’il s’agit d’une vaste hypocrisie, parce que des enfants, les couples homo en ont déjà.
Ce qui est intéressant dans ce petit bouquin, c’est que l’auteur rappelle un des arguments fondamental dans la justification du mariage, argument par ailleurs totalement mis de côté par ceux qui expliquent que non, le mariage gay ne doit pas être autorisé. Le mariage, au fondement du Code civil, est conçu pour légitimer les naissances, puisque le mari de la mère est automatiquement considéré comme le père de l’enfant né. Ce qui revient à dire, comme le précise Pascale-Marie Deschamps, que les enfants nés des ébats du mari avec la bonne ne peuvent prétendre à rien, mais qu’en revanche, le petit né « des roucoulades de l’épouse avec le laitier […] pour peu que la couleur de sa peau ne viennent pas trahir sa forfaiture trouvait asile, nom et éventuellement fortune sous le toit conjugal ». Les couples homo étant par nature incapable d’avoir biologiquement des enfants ensemble, ils n’ont donc pas besoin de cette légitimation donnée par le mariage.
L’un des arguments forts du livre est celui de l’intérêt supérieur de l’enfant, que l’on entend si souvent et qui serait censé mettre tout le monde d’accord. Là encore, L’auteur explique que nulle part dans les diverses déclarations, y compris celle de l’ONU sur les droits de l’enfant, cet intérêt supérieur n’est défini. Et de conclure sur une réponse volontairement provocatrice : est-il dans l’intérêt supérieur de l’enfant de ne pas disposer des mêmes droits que ses petits camarades de classes ? Est-il dans l’intérêt supérieur de l’enfant, s’il doit être hospitalisé d’urgence que son 2e parent ne puisse pas autoriser le médecin à lui prodiguer les soins nécessaires ? J’ose espérer que dans ces cas-là, les médecins s’asseyent sur ces lois stupides pour se concentrer sur l’assistance à personne en danger.
Vous l’aurez compris, ce petit ouvrage reste « orienté ». Poser la question qui constitue le titre permet déjà d’y répondre et je suis même-moi forcément subjective. Cela-là dit, j’ai trouvé vraiment intéressant de remettre sur le tapis le fondement du mariage, puisque les dispositions du Code civil régissent encore aujourd’hui la société et d’elles découlent en partie les lois encadrant la PMA. Ce qui me « heurte » à titre personnel, ce n’est pas tant que les couples homo ne soient pas considérés en France comme des citoyens à part entière, c’est un autre débat), c’est de voir que d’autres pays ont réussi à s’ouvrir sans que cela ne remette en cause l’ordre établi (si tant est qu’il ne doit pas l’être). Les pays du Nord sont réputés plus progressiste. Alors, comment l’Espagne a-t-elle pris 10 ans d’avance sur nous, alors même qu’elle a vécu pendant plus de 40 ans sous une dictature qui l’a coupée des avancées sociales, alors même que c’est un pays très fortement imprégné de culture catholique. Qu’attendons-nous en France pour nous secouer et appliquer enfin le principe d’égalité ? On attend Godot qui ne viendra pas ?
26 mars 2008
Psy-attitude...
Il y a quelques temps maintenant, lors de chaque programme télévisés sur la famille, les relations entre les gens, l'éducation, les moeurs, les modes de vie, la sexualité, bref, il y avait toujours pléthore de commentaires de psy.
Tellement et si bien qu'on a finit par les reconnaitre comme "les psy de la télé"...
Faut que je vous avoue que j'ai un grand faible pour l'un d'eux...
Au delà de sa charming-attitude (!), je comprends ce qu'il dit, je reconnais ses arguments comme étant souvent justes (à mes yeux !) et j'apprécie qu'il me fasse réfléchir.
Sur son blog est récemment paru un article sur le repérage des jeunes homosexuels que je fous laisse découvrir : c'est ici









