30 octobre 2009
Zapping, épisode 2
Couvrir 20 ans de zapping, ne garder que les 16 heures les plus marquantes, faire un tri dans toutes ces images...j'aimerais bien savoir combien de temps a été nécessaires aux équipes de Canal pour faire ce montage. Il y a 15 jours, c'est l'épisode 2 qui était diffusé. Il dévoile les années 1994 à 1998.
Ce sont les années de campagne présidentielle. Chirac est omniprésent aux Guignols (mais on n'en voit que très peu d'images), Arlette Chabot lui demande s'il maintiendra sa candidature jusqu'au bout alors que Balladur truste la 1ère place des intentions de votes. Peu après son élection, le nouveau président est en voyage officiel en Israël et le zapping nous montre cette séquence que j'adore : une engueulade des services secrets dans la vieille ville de Jérusalem, le "what do you want ?" du président aux agents chargés de sa protection, un peu trop rapprochée à son goût, et dont il juge que "this is not a methode, this is provocation", avant de lancer un "bounjour" à un passant, avec ses intonations si particulière et sa grande paluche en l'air.
En Afrique, les guerres civiles continuent, les images sont violentes,
on voit des corps être brûlés vifs en pleine rue, d'autres être
littéralement balancés depuis des ponts puis achevés à coup de balles.
En Europe de l'Est aussi, les combats se poursuivent. Ytzahk Rabbin est assassiné alors qu'il menait un processus de paix qui semblait avoir des résultats. Clinton est pris d'un fou-rire avec Eltsine. Trois ans plus tard, il rira moins pendant l'affaire Lewinsky, très largement couverte par les médias. On peut revoir les séquences de dépositions, entendre les détails de ce que s'est passé dans le bureau présidentiel, il est question de robe tâchée, de cigare. On a juste envie de répondre "de quoi je me mêle ?".
Parmi les images marquantes, il y a la foule, des gens qui marchent durant les grèves de décembre 1995. Pendant près de 3 semaines, peu ou pas de trains, de métro, de bus et pour mon frère et moi...le droit d'être conduits en classe lorsque les bus ne roulaient pas. Juppé est sur le plateau du JT de TF1 et annonce qu'il restera "droit dans ses bottes" à faire le travail pour lequel il a été nommé premier ministre. Il reste à son poste jusqu'en juin 1997, quand Jospin l'en dégage après des élections législatives anticipées. Je n'ai pas pu voter à ces élections. Le 1er tour avait lieu le 25 mai 1997, le second le 1er juin. J'ai eu 18 ans le jour du 2e tour. Les boules. Depuis, j'ai perdu à presque toutes les élections auxquelles j'ai voté. C'est le temps de la gauche plurielle, de la loi sur les 35 heures qui déchaîne les critiques, et des débats sur le PACS qui déchaînent les passions, Roselyne Bachelot défend le PACS à l'assemblée nationale. C'est la seule députée de son camp à le faire, elle regagne son siège en larme. Bertrand Delanoë fait son coming-out sur M6 et notre grande amie Christine B. est de tous les débats sur le sujet.
Un épisode 1994-1998, c'est forcément des images de sport et surtout de foot. La France gagne la coupe du Monde, les Bleus font sortir les gens dans la rue. On découvre une autre façon de réaliser des documentaires, au plus près du sujet quand Stéphane Meunier tourne Les yeux dans les Bleus. Perfide, le montage intercale des propos dégoulinant de racisme entre un but de Thuram et une Marseillaise de finale : des sympathisants d'extrême-droite soutiennent le Brésil parce que dans cette équipe au moins, on a trouvé 11 joueurs vraiment brésiliens, ce qui n'est pas le cas de la France.où il n'y a pas de joueurs français de souche. Mieux vaut entendre ça que d'être sourd. Zidane claque deux buts en finale et fait fermer leur caquet à tous les fachos. Douze ans plus tard, les images continuent à parler d'elles-mêmes.
Cactus
07 octobre 2009
Zapping
Canal Plus fête ces jours-ci les 20 ans du Zapping et diffuse pour l'occasion une sélection des moments les plus marquants en 4 épisodes de 4 heures chacun. La 1ère partie a été diffusée lundi, dernier elle concerne la période 1989-1993. J'avais 10 ans pile quand le zapping a débuté et je le regarde encore aujourd'hui. Ce week-end, j'ai commencé à regarder ces images, qui nous paraissent si lointaines.
L'épisode débute par les bouleversements politiques de 1989 : les chars place Tian An Menh lors des gigantesques manifestations et cet étudiant qui reste debout face au tank qui s'avance (la semaine derni_re, les images d'une démonstration de puissance militaire sur la même place ont défilé en boucle, les choses auraient-elles si peu changé en 20 ans...?), l'exécution des époux Ceauescu juste avant Noël en 1989 et les télé roumaines qui parlent de manipulation des mages, le mur de Berlin qui finit par céder sous la force des masses et des foules qui poussent vers l'ouest. Je me souviens très bien avoir vu ces images "en live", avoir vu ces gens se presser et faire tomber ce mur dont je ne réalisais pas ce qu'il représentait. On vivait un moment historique, mais je n'en ai alors pas saisi la portée.
1990 : la guerre en Irak explose, les journalistes débattent à n'en plus finir sur feu la 5, et un nouveau type de chaîne de télé fait son apparition : l'info en continu. L'un des reporter indique alors qu'il va falloir prendre en compte ce nouveau type de journalisme. Onze ans plus tard, lorsque des avions iront percuter des tours, toutes les chaînes font de l'info en continu et c'est bien un flot d'images que l'on se prendra en pleine figure, parfois sans aucun recul.
Bernard Kouchner est encore un French Doctor sur le terrain, on le voit en Afrique, conscient que s'il était venu sans caméras auxquelles montrer des enfants rachitiques, personne n'en parlerait.
L'une des premières images de cet épisode zappinien montre un couple d'hommes qui se marie. Le commentaire dit en substance "non vous ne rêvez pas". Il y a 20 ans, les couples gays et lesbiens pouvaient se marier au Danemark. Plusieurs séquences sélectionnées dans ce best-of sont issues d'émissions où il est question du SIDA et forcément, les homo y sont évoqués, le plus souvent négativement comme on peut l'entendre dans la bouche d'un anonyme précisant que les personnes transfusées mises à part, les autres malades du SIDA ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.
Les images défilent, zap, zap, ce bruit si caractéristique du zapping qui sépare les séquences assure les enchaînements. Les Nuls balancent leurs fausses pubs et les blagues douteuses et ça marche à tous les coups. TF1 n'a pas encore débuté sa "quête du sens" (mais a-t-elle fini par aboutir...?) et ça se voit : Patrick Sabatier reçoit un magnétiseur-guérisseur-arnaqueur et amorce une longue traversée du désert. Christophe Dechavanne anime en direct Ciel mon mardi et les invités se tapent dessus régulièrement. Comment aurait-il pu en être autrement quand on voyait la composition des plateaux ? Jean-Pierre Foucault fait exploser l'audimat avec son air mielleux et dégoulinant dans Sacrée Soirée. Meetic et les autres sites de rencontres n'existent pas encore sur internet (ils font les beaux jours du minitel) mais Evelyne Leclerc et Fabienne Egal font tourner leur manège. La trash-TV est déjà bien représentée : L'amour en danger, Perdu de vue battent des records d'audience, Mystères fait son apparition et est régulièrement épinglé.
Tous les animateurs, tous les journalistes sont habillés d'une façon qui nous paraît aujourd'hui douteuse et les adresses postales qui défilent au bas des écrans comportent également des indications étranges : 36 15 code machin-chose. Dans la rue, certains passants testent le Bip-Bop qui fera un méga flop et s'émerveillent de pouvoir téléphoner en pleine rue, sans avoir recours à une bonne veille cabine. Dans 3 semaines, Lisou, la cousine de Mutine fête ses 12 ans, elle veut évidemment un portable qui a toutes les chances d'être aussi un lecteur MP3 (à l'époque, le CD était un best-seller), un appareil photo numérique, de faire le café et de lui permettre d'aller surfer sur internet. Les prouesses industrielles et techniques ne sont pas oubliées. Face à un mur, encore un, deux ouvriers, chacun de leur côté percent la roche au marteau piqueur et finissent par se serrer la main : l'Angleterre n'est plus totalement une île, elle est désormais reliée au continent et bientôt des trains, des camions, traverseront la Manche sous des centaines de mètres cubes d'eau.
Eté 1992 : Marie-José Pérec devient championne olympique du 400 mètres à Barcelone. Charles Biétry s'époumone derrière son micro. Les allures des athlètes sont déjà soutenues et pourtant, en voyant les images, on a l'impression que c'est le ralenti qui est diffusé.
Vivement la suite !
Cactus
13 mai 2009
Anges et démons
Un jour de concours, après avoir loupé mon train pour rentrer, j'ai passé 3 heures à la gare de Dijon. C'était en avril 2004, et le Da Vinci Code venait de sortir. Comme je suis bonne cliente des polars qui louchent sur les romans mystico-historiques, ça m'avait bien aidée à tuer mes heures d'attente. Sans être de la grande littérature, à la fin d'un chapitre, on a une seule envie : savoir ce qui se passe au suivant. Quand le film est sorti, j'ai été très déçue de l'adaptation qui en avait été faite.
Anges et démons a été écrit avant le Da Vinci Code mais est sorti ensuite, porté par la vague de succès. Je l'ai lu début avril 2005. Si je m'en souviens si bien c'est parce que cela correspond à la mort du pape (le vrai) et ceux qui ont lu le bouquin comprendront pourquoi c'est important. Je lisais le bouquin, j'écoutais la radio...et j'étais paumée parce que je ne savais plus ce que j'avais lu et ce que j'avais entendu.
Déçue par la 1ère adapatation, je me suis donc rendue au ciné cet après-midi sans vraiment attendre grand chose d'Anges et démons, le film. Et contre toute attente, j'ai vraiment passé un bon moment. Là encore, il ne s'agit pas d'un film d'auteur mais on le sait en s'assayant dans la salle. L'adaptation cette fois est efficace, les décors sont vraiment grandioses, encore plus quand on sait que très peu de plans ont été tournés à Rome puisque le Vatican, vexé par les propos du Da Vinci Code, a refusé les autorisations de tournage.
Si vous avez 2h20 dans les prochains jours, n'hésitez pas. Un aperçu ici (partial, c'est le site du film)
Cactus
03 mai 2009
Après-midi culturelle
On avait prévu de passer l'après-midi au musée...on l'a finalement passée sur le canapé mais en donnant dans le culturel quand même. Le 20 avril dernier, Canal + a diffusé Adieu De Gaulle Adieu, chronique du mois de mai 68. On ne connaît cette période que par les livres et nos cours d'histoire, on ne peut donc pas affirmer que le film retranscrit fidèlement l'ambiance de ce mois particulier. Il est en tout cas très bien écrit, très bien joué (chaque acteur a la gueule de l'emploi de son personnage). J'en viens presque à regretter mes cours de fac et les longues séances de travail dans les documents d'archives...
Cactus
18 avril 2009
What else ?
Un post franco-alsacien et une vidéo qui date un peu : Chorge Clounez avec l'accent hopla dû.
La vidéo est due à Greg du 67.
Schonch Ebs * ?
Cactus
13 avril 2009
Gay rights now
Il y a un petit moment déjà, nous sommes allées voir Harvey Milk. Le personnage nous était jusque là inconnu jusqu'à ce que Sean Penn ne décroche l'oscar du meilleur acteur pour son interprétation. On a peine à imaginer que les faits relatés par le film ont a peine 30 ans. Quand la lumière s'est rallumée, la salle était silencieuse, comme secouée par ce qu'elle venait de voir.
Cactus
Je n'ai encore jamais ressenti devant un film ce que j'ai ressenti devant celui-ci. Force, tourmente, angoisse, passion, tous ces sentiments sont présents, ne laissent pas indifférent. On en sort l'âme militante. On en sort en se disant que nous avons de la chance de n'avoir pas connu cette époque, qu'aujourd'hui nous avons des droits basiques pour lesquels d'autres ce sont battus. A nous aujourd'hui de nous battre pour en obtenir d'autres : le droit d'être le parent de son enfant par exemple.
Je vous invite, tous, peut importe que vous aimiez une fille, un garçon, les deux à la fois ou aucun, ce film est un film "historique", intelligent, subtil, fort, passionnant.
Mutine
24 mars 2009
Not welcome
Il n'y a pas grand-chose à dire face à ce que nous décrit ce film. J'en suis sortie retournée et pleine de questions.
L'avez-vous vu ? Qu'en avez vous pensé ?
Cactus
09 février 2009
Lol
Hier, pour la première fois depuis trop longtemps (notre dernière toile remonte à début septembre), nous sommes retournées au ciné, pour voir Lol. La bande-annonce était prometteuse même si on sentait qu'elle concentrait tous les bons moments du film. Pour résumer rapidement : Lol, c'est Lola, 15 ans, qui vit accrochée à son portable et vissée à sa bande de potes via MSN. Ils sont lookés à mort, insupportables avec leurs profs, boivent, fument et goûtent un petit joint de temps en temps, ils vivent tout à fond, le meilleur et le pire, sont insolents avec leurs parents mais finissent toujours par tomber dans leurs bras quand ils ont besoin d'être consolés. Lola, quand elle veut un calin, envoie un SMS à sa mère. Le procédé est high-tech mais finalement mais elle obtient son "K lin" à chaque fois.
C'est certainement caricatural par certains côtés, mais cela pose pas mal de questions sur les relations parents-enfants et surtout mère-fille. Dans le film, la mère (jouée par Sophie Marceau) est à peu près aussi paumée que sa fille, elles s'échangent leurs fringues, se posent des questions sur leurs mecs et font copine-copine. Forcément, on essaie de comparer, de se retrouver (ou pas) dans certaines scènes. On passe donc un bon moment, même si ça n'est pas le film de l'année. La bande son est chouette et les ados, même têtes à claques, deviennent attachants.
Cactus
Un film touchant qui m'a rendue presque nostalgique. Ces ados sont insupportablement adorables et si les relations parents-enfants ne sont pas toutes au beau fixe, il y a beaucoup d'amour dans ce film et ça fait du bien !
Mutine
21 novembre 2008
Stress generation
Mutine et moi sommes deux grandes lectrices, bien que nous ayons des goûts très différents. Elle est fan de polars, alors que je lis plus facilement ce que j'appelle "les romans de gonzesses", ces bouquins qui se lisent rapidement sur la plage. Je dévore aussi les romans historiques et pas mal d'essais, surtout politiques.
Cette semaine, pendant mon voyage parisien (un aller-retour pour une réunion mardi, j'ai enfin testé le TGV), j'ai découvert L'open space m'a tuer. Très orienté sur les entreprises de communication, de pub ou d'informatique, ce livre rapporte un certain nombre d'anecdotes concernant les jeunes cadres dynamiques qui n'ont plus les dents aussi longues que par le passé. Pressés par leurs N+1, comme il est convenu de les appeler, (eux-mêmes pressés par leur propre patron), ils enchaînent les heures, remplissent des timesheets heure par heure pour qu'on puisse vérifier qu'ils sont toujours occupés et travaillent dans les fameux open space où la place de chacun est révélatrice : aux nouveaux on attribue un bureau très exposé, l'écran de l'ordinateur orienté de façon à ce que tout le monde puisse le voir (exit donc la consultation, même rapide, de ses mails perso). Certains développent même des tendinites à force de pianoter sur les Blackberry alors que d'autres en sont littéralement accros, au point de consulter.
Je n'en suis évidemment pas encore là, en particulier parce que je suis très loin de travailler autant d'heures qu'eux. Mais j'ai été interloquée et me suis retrouvée dans certains passages. Si vous en avez l'occasion, jetez-y un oeil.
Alexandre des Isnards et Thomas Zuber. L'open space m'a tuer. Hachette Littérature, 2008.
Cactus
28 octobre 2008
Deux mamans et un bébé
Désormais bien huilé, le circuit du bookcrossing des blogueuses de l'Est-de-la-France-et-de-Belgique nous a permis de lire le livre de Muriel Douru sorti tout récemment, Deux mamans et un bébé.
Muriel et sa Douce sont allées en Hollande pour concevoir leur puce née en juin l'an dernier. Notre parcours n'en étant pas aux 1er pas, le livre ne nous fourni aucune info et heureusement parce qu'il n'est pas fait pour cela. Je me suis souvent retrouvée dans ces pages. La valse des prises de sang, les voyages à la dernière minute. Cette certitude, en sortant de l'hôpital, que ça y est, ça va le faire, que la rencontre est en train d'avoir lieu, là, tout de suite et maintenant, alors que l'on traverse la rue pour récupérer la voiture et rentrer en France. La déception et la tristesse quand 15 jours plus tard il faut bien se rendre à l'évidence qu'il ne s'est rien passé et qu'on se flagelle presque d'avoir senti des choses dans son corps.
Ce témoignage se termine bien. Il s'avale à vitesse grand V et montre, une fois encore, que le déir d'enfant n'a pas de sexe. Si vous en avez l'occasion, lisez-le ;-).
Muriel DOURU, Deux mamans et un un bébé. Danger public, 2008.
Cactus











