04 novembre 2008
Bruxelles pluvieux, Bruxelles heureux ?
Je regarde par la fenêtre de notre chambre à l'Eurocap. Il est 8 heures du matin. Pluie. Brouillard. Je n'ai pas le courage d'ouvrir la fenêtre, mais je devine qu'il fait froid. 1er novembre. Le temps est au diapason du calendrier : une vraie météo de Toussaint. Je sors de la douche. Habillée confortablement, j'ai jeté quelques grammes de maquillage sur mes yeux comme à chaque essai. Une espèce de rituel, comme s'il fallait inciter Léonidas à répondre présent, lui montrer qu'il est attendu, que je me prépare pour l'accueillir. 1er novembre. La fête des morts est pour demain et nous allons aujourd'hui essayer de fabriquer une petite vie. 1er novembre. Premier jour férié pour notre "deuxième première fois", à l'UZ cette fois, qui nous accueille 365 ou 366 jours par an. C'est notre quatrième voyage en 2008, notre troisième essai depuis janvier. Est-ce la dernière fois que nous voyons Bruxelles cette année ?
Quatre mois et demis se sont écoulés depuis notre dernière tentative qui nous a beaucoup appris et surtout que ça pouvait marcher. Quatre mois et demis pendant lesquels nous nous sommes attelées aux travaux de l'appart qui touchent peu à peu à leur fin. Quatre mois et demis qui nous ont parfois paru être une éternité mais qui finalement n'auront pas été si difficiles à supporter et ont été nécessaires pour que l'on puisse repartir sereinement.
L'essai est programmé dans moins de deux heures maintenant. Je vis les choses de façon totalement différente par rapport aux essais précédents. Je doute. L'UZ et supe-gygy n'étaient pas totalement d'accord sur le jour où pratiquer l'insémination. 31 octobre contre 1er novembre. C'est toujours les Belges qui ont le dernier mot dans ces cas-là et ils ont choisi le 1er novembre. Je doute, j'ai peur que cela se fasse un poil trop tard alors qu'en même temps, je leur fais totalement confiance, parce que c'est leur quotidien et qu'ils savent ce qu'ils font. Je ne me sens plus fébrile, je ne suis plus impatiente. Je crois que tout simplement, je ne réalise pas ce qui nous arrive. Je ne me rends pas compte que l'on a gagné le droit de tenter notre chance, d'y croire pendant quinze jours. D'espérer qu'un petit va faire son nid au creux de moi.
Dans la rue, tout est calme, il pleut, on ne croise personne, même les abords de l'hôpital sont silencieux. Une douzaine de personnes est installée dans la salle d'attente de l'UZ. A 9h50, comme prévu, l'infirmière nous appelle, nous installe dans le cabinet, elle prépare son matériel alors qu'enfin, nous prenons conscience de ce qui va se passer dans les prochaines minutes. Elle est douce, prévenante, elle explique tous ses gestes. Cinq minutes plus tard, les petits champions sont dans la boîte. Alors, elle nous sert la main, nous souhaite bonne chance et nous laisse tranquillement reprendre nos esprits, Mutine installée à côté de ma tête et moi inclinée sur cette table-chaise si particulière pour que les nagueurs puissent se déplacer à leur aise et franchir la ligne d'arrivée. On se parle, on chuchotte, on se regarde en silence, l'une de nous commencerà fredonner "viens, je t'emmène" et la seconde termine sa phrase "de l'autre côté de la frontière". Pour la première fois, je crois que l'on prend réellement conscience de ce que l'on est en train de faire. Non pas que les essais précédents nous laissent le souvenir de gestes anodins, mais pouvoir prendre le temps d'attendre ensemble, ne pas sauter de la table à peine la pipette vidée de son précieux contenu donne une toute autre impression à cet évènement.
Nous finissons par quitter ce petit cocon, nous descendons vers la sortie, il pleut toujours, nous marchons vers la voiture en nous serrant la main et sans aucune envie de rentrer. Comme si rester à Bruxelles nous protégeait et faisait qu'il ne pouvait rien nous arriver qui ne soit bon. Il faut pourtant bien reprendre la route. Elle sera paisible.
Cactus
10 juillet 2008
Déviation...
Il va bientôt falloir que nous renommions cette rubrique...car Chez Edith c'est fini.
Notre dernier essai chez Edith a eu lieu en juin dernier et ne s'est pas concrétisé, comme vous le savez...Chez Edith c'est donc fini mais rassurez-vous pas notre projet BB.
Nous venons de recevoir un coup de fil de l'hopital belge contacté en avril, nous avons RV en septembre. Tous les résultats d'examens que nous leur avons adressés leur conviennent, il nous faut juste faire une pds récente à J3 et le dossier sera complet.
J'espère que ce changement portera ses fruits...
La suite au prochain épisode car là tout de suite maintenant nous allons nous taper une glace chez Franchi pour fêter ça (comment ça toutes les excuses sont bonnes ??) !!
Mutine
22 juin 2008
Voilà nous y sommes
Après un départ aux aurores, un arrêt à Berchem pour faire le plein (d'essence et de café) et le vide (de nos vessies !!!), nous voilà prêtes à entrer sur le ring. Nous sommes un peu fatiguées et un peu choquées aussi car à quelques kilomètres de là un accident s'est produit sous nos yeux...bref, c'est donc encore toutes tremblotantes que nous entrons finalement dans la ville. Il est 11h et des poussières.
Le parking est complet, ce qui nous oblige un peu à tourner autour de Cavell mais finalement on trouve à se garer dans la rue et même dans un endroit gratuit, si c'est pas du bol ça !
Alors qu'on s'apprète à entrer dans la clinique, une grande blonde cachée sous un rainbow-parapluie apparait...c'est le Dr Bonheur...celle qui nous suit ici. Le temps de la reconnaitre, de donner un coup de coude à ma cactus et le temps que celle-ci réagisse elle a déjà disparu...pas pour longtemps, dans moins d'une demi-heure on aura RV avec elle.
Mais pour l'heure, la priorité, en ce qui me concerne, parce que ma Cactus est trop nerveuse pour songer à avaler quoi que soit, c'est manger...j'embarque un sandwiche que je grignoterai en haut dans la salle d'attente.
Celle-ci est pleine, deux couples hétéro, une dame seule, elle est très nerveuse, elle arrête pas de tripoter ses sacs, d'en sortir des choses, de les remettre, elle m'agace et me rend nerveuse à mon tour. Un autre couple de filles arrive, puis encore un autre...elles passeront avant nous. A 12h40, le Dr Bonheur apelle ma douce, on se lève et on la rejoint dans le cabinet, le seul que nous n'avions pas encore testé si ce n'est au tout premier RV.
Elle fait le point sur les "chiffres du jour" et c'est parti, ma chérie s'installe, aussi confortablement que possible. Comme à mon habitude, je déménage tout le bureau (enfin je récupère une chaise pour m'assoir à coté de ma douce), pour avoir ma place tout tout près de ma chérie. Dans l'intervalle de cette installation, elle est allée à la recherche de petits speculum (ce qui a fini de mettre ma douce en confiance, le Dr Bonheur a retenu qu'elle était petite de partout !!!). Quand elle revient avec la chose, elle nous en fait même la démo pour qu'on se rende compte de la différence de taille, et c'est impressionant !!
Nous voilà, toutes les trois en position, ma tête contre celle de ma chérie, ma main dans la sienne, elle tremble, je ne peux m'empecher de le dire tout haut (tu trembles) et voilà Dr Bonheur avec son accent définitivement charmant qui nous dit "mais oui elle tremble..." avant de nous annoncer que le col n'est pas très poli et qu'il ne la regarde pas et que c'est pas faute de lui sourire...ce qui evidemment nous fait rire. Faut croire que quand on rigole on détend l'utérus parce que hop ni une ni deux, après ça le col était passé.
Alors que nous avions convenu avec ma douce de nous octroyer un petit moment pas longtemps, mais juste assez pour ne pas avoir eu l'impression de sauter de la table et de perdre le chargement (comme cela nous est arrivé la fois précédente), voilà que l'occasion nous est donnée : on demande le Dr bonheur au téléphone. Elle libère ma chérie de l'engin de torture et va prendre le coup de fil. Pendant 5 bonnes minutes, nous sommes ensemble, nous sommes en train de faire un bébé, nous discutons, nous rigolons un peu (on a pas pu s'empecher d'écouter un peu la conversation...).
Cette fois c'était plutôt drôle, moins chargé en émotions mais vraiment surprenant, totalement différent.
Après ça évidemment, elle aurait pu bouffer une vache ma douce, direction le Tasty pour dévorer un déjeuner pour elle, un dessert pour moi. Le dessert du jour, je vous le donne en mille : cheasecake au speculoos...sans mentir !! (Vero et Lolo si vous passez par là, spéciale dedicace !!!).
Et maintenant...commence le plus dur, l'attente, faite d'espoir et d'incertitude, de fatigue et d'effets ssecondaires des traitements, pas toujours agréables, pas toujours faciles à gérer non plus.
Je n'ai jamais autant espéré...nous y croyons plus que jamais...pourvu qu'on ne se ramasse pas...
Mutine
20 juin 2008
On prend les mêmes et on recommence...enfin !
un beau matin à 4h30
Me voilà à pianoter à une heure un peu inhabituelle (vous en conviendrez) pour la marmotte que je suis...et pour cause, Cactus et moi nous appretons à aller faire un bébé. Cette troisième tentative tant attendue arrive enfin, nous avons décidé cette fois de ne rien dire à personne (ou presque...) des évenements de ce cycle et pourtant c'était pas faute d'avoir envie de le crier au monde entier mais la tentative avortée d'avril nous a un peu échaudées et nous avons eu du mal à gérer notre déception "à la face du monde"... Après un cycle de repos ovarien complet et forcé, ce cycle a commencé de façon inattendue.
Et force de calculs de la période d'ovulation, nous en avons conclu que si nous devions filer à Bruxelles pour concevoir notre enfant alors que bat le plein de la marche des fiertés, ce serait aussi un joli pied de nez...Nous avions même goupillé un petit diner avec les Cawet, histoire de faire enfin leur connaissance en vrai !
Mais, et oui parce qu'il y a un mais, c'était sans compter, la frénésie ovarienne de ma douce qui a découvert avec une agréable stupeur qu'à J9 de son cycle, 2 follicules s'étaient développés et qu'ils faisaient chacun 13 et 16 mm (pour les non initiés : c'est énorme à ce stade là du cycle)...les voilà, nos tous premiers fofos de compet !!! Deux follicules de bonne taille et une LH relativement haute ont un peu bouleversé nos plans et précipité ce départ.
Volontairement, nous ne mentionnons pas la date exacte de notre escapade à Bruxelles...je suis sûre que vous comprendrez pourquoi...nous voulons vivre l'attente de la façon la plus sereine possible... Pour nous préserver, pour vivre ça à 2 secrètement (absolument personne n'est au courant dans notre entourage familial), intimement, doucement ... Je suis certaine que vous ne nous en tiendrez pas rigueur.
A quelques instants de partir, je pense à quelqu' un très fort, son petit chorizo installé confortablement au creux d'elle (si tu passes par ici, on pense fort à toi et espérons bien suivre tes pas) ... J'ai le coeur gros d'une appréhension émue, j'imagine l'instant, elle, installée, moi tout contre elle, mon front contre son front, ma main dans sa main, à respirer ensemble, à verser peut-être une larmichette...
Durant le trajet, nos pensées vagabonderont dans l'avenir...à trois. Cette fois nous espérons fort que ce sera la bonne...encouragées par supergygy qui nous a dit "allez c'est bien parti, bonne chance, faites nous des jumeaux !!" on ne peut se sentir que gonflées d'espoir, de craintes aussi, mais d'espoir surtout.
Croisez les doigts (oui je sais vous n'êtes pas au courant, vous auriez du mal), pensez-à nous, envoyez vos bonnes ondes, ici tout est bon à prendre.
Je file...chez Edith !!
La suite au prochain épisode...
Mutine petite cachotière !
01 février 2008
Back from Brussels, part II - Mutine's point of view
Chers lecteurs, moi aussi j'avais envie, besoin de poser des mots sur les émotions qui m'ont traversée pendant ces 2 jours hors du temps.
Le voyage a été perilleux parce que bien plus long qu'habituellement pour cause d'autoroute coupée une bonne heure suite à l'incendie d'un camion...
C'est donc fatiguées et courbaturées que nous sommes arrivées à Bruxelles, grace à Catherine la coquine nous n'avons pas trop galéré pour trouver le chemin de l'hôtel malgré les sens interdits tout récents qui ont poussé dans ce quartier...
Histoire de nous aérer un peu, nous allons faire quelques pas dans le quartier, le temps de repérer le petit resto dans lequel nous sommes allées manger le soir (les raviolis aux crustacés et les cannellonis alla sorentina sont un regal). Ce tête à tête est spécial : irréel, hors du temps, doux, tendre. Nos yeux se parlent...se déclarent... Nos coeurs s'emballent et espèrent, n'osent y croire...et voudraient tant...
De retour à l'hôtel après ce somptueux repas, nous tombons de sommeil. Les ronflements de notre voisin de chambre ne parviendront pas à m'enlever cet optimisme qui m'habite...
Au matin, malheureusement nous ne parviendrons pas à faire honneur au petit-dejeuner pantagruélique qui nous attendait et pour lequel j'avais spécialement choisi l'hôtel (!) pour cause de trac ! Mais pourquoi donc avons-nous le trac ?
Nous rassemblons ensuite nos affaires et partons pour l'hopital...sans le GPS, est-ce un signe ?? Nous connaissons maintenant la ville comme notre poche si bien que Catherine est releguée dans la boite à gants.
Nous voilà donc à la clinique, dans leur super parking de la mort où je vous le donne en mille il ne reste plus qu'une seule place...elle nous attend (et ça aussi c'est un signe !!).
Direction, le service, nous sommes un peu en avance, mais l'attente passera vite entre lecture et discussion.
Le Dr. L appelle ma chérie, on prend nos affaires et elle nous embarque du coté obscur de la force (coté hospitalisation) aucun cabinet médical n'etant dispo elle nous installe dans la salle des fiv.
Ambiance plutot cosy : petite salle, lumière tamisée, chaleur douce...loin du grand cabinet froid aux scialytiques aveuglants.
Ma chérie qui tremblait de froid s'installe et s'apaise dans cette douche chaleur, je me pose sur une chaise tout à coté d'elle et pose ma tête sur le dossier du fauteuil et lui tiens la main. Elle tourne sa tete vers moi et la pose sur la mienne. On se chuchote des mots doux...par moment elle sert plus fort ma main, je sais qu'elle a mal, j'imprime le rythme d'une respiration douce mais que je sais très efficace sur les douleurs. Le Dr L a un peu de mal, le col de ma douce est tordu aujourd'hui... Mais heureusement en moins de deux, c'etait terminé. Voilà notre deuxième essais est tenté...Dame Nature rendra son verdict d'ici 15 jours environ. Nous avons choisi d'attendre qu'elle nous révèle elle même l'issue. Pas de pds ni de test pipi avant l'heure donc...
...en espérant que dans 9 mois débutera la grande aventure...
30 janvier 2008
Back from Brussels, part II
30 janvier, 8h45 à l’hôtel Capital à Ixelles. Il pleut, non pas sur Nantes, mais sur Bruxelles. On est mercredi, le jour des enfants. Ce soir, un jugement en appel doit être rendu, en faveur ou contre deux mamans qui ont porté plainte pour que le congé de paternité devienne un congé de parentalité. Simple coïncidence ou signe du destin ? Dans quelques heures, le doc belge enverra en moi le précieux contenu de sa pipette magique. Des millions de petites bê-bêtes lâchées à l’assaut de mes entrailles, dans le fol espoir que LA rencontre ait lieu cette fois. Cette deuxième tentative s’annonce bien différente de la première, avec laquelle nous avons désormais des points de comparaison. Nous l’avons abordée beaucoup plus sereinement. Dame Nature semble pour l’instant s’être mise au diapason, elle s’est montré à la hauteur, n’a pas été en retard ni ne nous a fait de coups pendables. Nous avons même réussi à déjouer les absences de super-gygy et j’ai pu facilement faire mes échos de contrôle ailleurs. De notre côté, le contrat est rempli. J’espère que les nageurs rempliront leur part.
En ce matin pluvieux sur Bruxelles, mon bas-ventre nous rappelle ce que nous sommes venues faire ici. Des petits tiraillements, de plus en plus marqués, semblent vouloir dire que mon corps est prêt, comme si la machine à bébé nous disait « c’est bon pour moi les filles, on peut y aller ». Comme pour notre 1ère venue ici, l’impression d’être hors du temps nous enveloppe. Cette ville ne nous est plus étrangère (nous la connaissions déjà bien avant d’en fréquenter les hôpitaux), et pourtant ce pays n’est pas le nôtre. Mutine me demandait hier soir si j’avais déjà pensé que ce bébé à venir sera français alors que dans d’autres circonstances, il aurait été belge. J’avoue que je n’y avais pas songé, mais cette question, et la réponse qu’elle amène, montre bien l’absurde de cette situation qui nous pousse à traverser les frontières pour satisfaire notre désir d’enfant, pour l’instant nié et non-reconnu en France.
Jusqu’à présent, très peu de gens ont su précisément quand nous nous rendions en Belgique, ajoutant à nos voyages une part de mystère qui n’appartient qu’à nous. Nos nuits ici sont comme partagées entre l’impatience d’être le lendemain et la raison qui nous pousse malgré tout à garder la tête à peu près froide, qui nous force à y croire parce qu’il faut y croire, mais à ne pas trop y croire au risque que la chute n’en soit que plus dure. Mutine lit sur le lit alors que je tapote sur notre ordinateur qui nous a accompagnées, pour nous aider à tuer le temps en regardant des DVD…Chacune s’occupe pour ne pas penser qu’à « ça » et pourtant, il y a entre nous quelques chose d’invisible mais d’incassable, un lien infectible. On est ensemble, par la pensée, par les gestes, même imperceptibles, par les regards même si je lui tourne le dos.
Il est 10 heures, le temps passe pour l’instant assez vite. Notre petite valise est prête, nos esprits aussi, je crois. Tout à l’heure encore, au petit déjeuner, Mutine me disait qu’elle ne réalisait pas ce que nous nous apprêtions à faire. Le plus perturbant je trouve, est de venir ici réaliser les inséminations puis d’en repartir sans savoir si le voyage a ou pas été productif. Venir à Bruxelles, y accomplir ce que l’on a à y accomplir, puis regagner nos contrées et attendre. Et se dire qu’il faudra peut-être (encore) revenir. Je rêve depuis plusieurs nuits du jour où l’on reviendra ici, mais quand nous l’aurons choisi, et alors, nous reviendrons accompagnée, avec un petit Léonidas dans sa poussette, en week-end.
Quelques heures plus tard, avant de reprendre la route…il est 12h45, nous sommes attablées dans la cafèt cosy de la clinique. Ambiance « Pain quotidien », tables en bois, une théière de Marco Polo fume entre nous. La cafèt est pleine, mais nous sommes seules au monde une fois de plus. Le but de notre périple est accompli. Se passe-t-il déjà des choses ? Va-t-on repartir seules vers notre nid douillet ? Tout à l’heure, les choses se sont passées rapidement, plus facilement que la 1ère fois je crois, alors même que le médecin a dû s’y reprendre à deux fois. On s’habitue à tout quand un Mini-Nous est au bout du chemin...Ce matin, pendant le moment T, Mutine était bien sûr à mes côtés, elle me serrait la main, a posé mon front contre le sien, et je n'ai pu me retenir de lui claquer un bisous discret. Parce que quand on essaie de faire un bébé, on se fait des bisous, c'est comme ça ;-)
Ce soir, nous sommes fatiguées, en particulier par les difficiles conditions de circulation (gros bouchon à l’aller, gros bouchon au retour, pluie et neige, la totale !). La nuit sera certainement profonde.
Cactus
05 novembre 2007
Back from Brussels
Nous voilà de retour de notre périple chez nos voisins belges. Dimanche touristique, photos à gogo et shopping autour de la Grand'Place. Notre RV aujourd'hui s'est bien passé, rapide, sympathique. On en revient pleine d'espoir évidemment.
17 mai 2007
1er rendez-vous
Voilà, nous sommes le 16 mai 2007, il est 7h et on s'apprête à partir pour notre premier périple Bruxellois à bord de notre nouvelle voiture que l'on sait fiable et confortable et qui avale les kilomètres avec une facilité presque déconcertante.
On ne réalise pas vraiment, en ce qui me concerne même pas du tout, un peu plus tard, quand nous serons dans les couloirs de Cavell une grosse bouffée d'angoisse m'envahira.
Le temps n'est pas vraiment de la partie, il pleut des cordes mais mercredi pluvieux = mercredi heureux. L'adage ne se démentira pas au cours de la journée.
Département de la Moselle, nous voilà chez les voisins, on enchaine avec le Luxembourg, puis on entre en Belgique.
Le trajet se passe bien, Cactus fait le chauffeur pour l'aller, je ferai le chauffeur pour le retour. L'arrivée dans Bruxelles nous fait un peu peur mais Mappy et Michelin nous ayant indiqué le même trajet, on se dit qu'il n'y a qu'à le suivre...pas si simple !!! En effet, nous nous perdons mais pas pour longtemps, ouf.
Au premier panneau "H. E.Cavell", je hurle "c'est tout droit" alors que nous nous lançions vers la droite, Cactus (digne de Schumacher), se refaufile dans la bonne file (sympas les Belges au volant, même pas un coup de klaxon !) et nous voilà à scruter les prochains panneaux qui ne tarderont pas. Direction le parking, même pas la peine de penser se garer dans ce quartier et puis pas la peine non plus de se mettre du stress en plus, nous voilà donc garées dans l'hôpital.
Ca y est, on chez Edith...oulala, je me sens drôle...bizarre...je suis tout à coup devenue pâle, muette, j'ai l'estomac noué, pourtant nous n'avons rien avalé depuis 6h ce matin et il est déjà midi passé. Cactus est aux petits soin, me rassure comme elle sait si bien le faire...je me sens toute intimidée et bouleversée, les émotions se bousculent, j'ai les larmes au bords des yeux (et elles y resteront pendant plusieurs heures)...
Comme il faut bien prendre des forces, nous nous installons dans un petit coin à l'écart pour y croquer quelques sandwiches, on parle, on parle, on parle...au final je crois qu'on vient de réaliser ce que nous sommes venues faire et c'est affolant, ce projet auquel on n'arrête pas de réfléchir depuis des mois, dans lequel on s'investit corps et âme, que nous construisons petit à petit et qui en même temps est si important, si émouvant, si...si...je ne trouve même pas les mots pour le dire...ça fout la frousse !!
Nous avons rendez-vous à 14H45, pour tuer le temps, nous nous installons à la cafèt de l'hôpital, et là 1ère coincidence, "notre" thé (Marco Polo de Mariage Frères) est servi dans la cafèt...ce qui est super rare, sans hésiter nous commandons une théière...hum, c'est chaud, ça fait du bien, c'est sucré, c'est fruité, ça calme, ça apaise...
Nous voilà au secrétariat, la secrétaire va faire notre dossier. Elle s'adresse à nous et nous demande qui portera le bébé, Cactus répond "c'est moi". elle prend toutes les infos nécessaires, puis elle s'adresse à moi, pour prendre les infos de la compagne...J'en suis toute étonnée, presque je l'embrasserais :-)
Nous voilà installées dans la salle d'attente, une personne seule attend déjà, elle écoute de la musique sur son baladeur numérique (qui entre parenthèse doit faire blémir d'envie ma cactus...), elle écoute assez fort, car nous pouvons en profiter, je suppose qu'elle a besoin d'être seule, de s'isoler, c'est sa façon peut être de surmonter la trouille, l'angoisse.
Un autre couple arrive, elles ont rendez-vous juste avant nous chez le même médecin.
Une autre dame seule viendra par la suite, avec elle nous échangeons quelques regards et sourires complices quand la secrétaire (à l'accent et aux expressions belges parfois surprenantes) sera obligée de hurler dans son téléphone pour parler à une dame visiblement sourde qui se trouvera ne pas être la dame qu'elle devait contacter et là j'imagine le scénario : elle vient d'appeller une pauvre mamie de 78 ans qui a rien compris de ce qu'elle lui a dit et dont la dernière ovulation remonte au moins à la chute du mur de Berlin !!
15h15, ça y est c'est notre tour. On s'installe dans le bureau du médecin. Il nous demande de quelle région nous venons, on lui répond et il paraît surpris, nous explique que lui aussi est de S. Nous demande dans quel quartier nous vivons, bref, une conversation sur la ville s'engage. Il s'avère qu'il a exercé à I., ville où j'ai grandi, dans un cabinet qui se trouvait à quelques centaines de mètres de l'appart dans lequel on habitait jusqu'en octobre dernier. Nous interprètons toutes ces coïncidences comme autant de signes positifs !
La consultation reprend son cours, il nous demande qui nous suit, nous lui répondons que pour l'instant nous ne nous sommes pas encore lancées dans la recherche du gygy idéal...nous envisagions de demander son avis au généraliste de Cactus que l'on doit voir demain soir. Finalement, il nous donne quelques noms de confrères qu'il connait et avec qui il travaillait, nous sommes ravies.
Il nous explique d'emblée l'organisation du service et la gestion des dossiers qui depuis janvier 2007 nécessite d'imposer un délai de régulation des dossiers (en fonction des zozos dispos) de 6 mois. Il passe ensuite au protocole qu'il nous explique très clairement : examens à faire avant de se lancer dans l'aventure puis la stimulation (dès le 1er essai) pour mettre toutes les chances de notre coté. Il en vient ensuite aux inséminations, comment et où elles se déroulent, qu'elles sont intra-utérines (là encore pour mettre toutes les chances de notre coté) et comment sont préparées les paillettes. Les zozos sont soit belges soit proviennent d'une banque danoise.
Il nous demande ensuite des indications sur le donneur, nous avons été surprises par la question, nous n'avions pas réfléchi à ça : blond, brun, couleur des yeux, taille...à vrai dire ça nous est égal. Mais puisqu'il faut répondre, nous lui donnons des indications physique proches des miennes (type européen du nord a-t-il écrit), je suis blonde aux yeux bleux, ce serait vraiment un sacré pied de nez que Cactus nous fasse un petit blondinet aux yeux bleus (je me vois déjà me balader avec lui et que toutes les petites mamies me disent "oh comme il vous ressemble !!). Cela étant, s'il arrive avec la peau mat, et les cheveux noirs, je serai quand même folle de ce petit bout...
Voilà, l'entretien s'achève, il aura duré 30 minutes environ. Pour l'instant, nous sommes dans le coton...et dans 6 mois débutera la grande aventure...










