Opération Cigogne

Quand deux femmes tentent l'aventure et veulent devenir mamans.

29 novembre 2008

Couru d'avance

Piquée par la curiosité, j'ai eu la faiblesse d'enregistrer le numéro de ça se discute diffusé mercredi soir qui se proposait de répondre à la question "auraient-ils pensé devenir homosexuels un jour ?". Faiblesse parce que JLD n'est en général pas très à l'aise avec ces questions et que ça promettait au pire de déraper, au mieux de m'énerver. Je me suis énervée quand ça a dérapé.

Hier soir, alors que Mutine rattrape son retard en engloutissant les derniers épisodes du dîner presque parfait de la semaine (merci M6 replay), je me lance dans le visionnage de ladite émission. Je passe sur les différents invités pour m'arrêter sur l'une d'entre eux, Kelly, 22 ans. Elle s'est mariée très jeune (environ 19 ans si on recoupe les informations qu'elle donne sur le plateau) et dès le début de son mariage, s'est posée des questions sur sa sexualité. Elle a passé une nuit avec une femme, qui lui a fait l'effet d'une révélation. Un divorce plus tard, elle vit désormais avec Rachel, 20 ans, et elles attendent un bébé pour juin 2009. C'est là que l'émission est, à mes yeux pas du tout objectifs, partie en sucette. Jusqu'à ce moment, l'invité a répondu franchement et honnêtement à toutes les questions de JLD, avec une réflexion et une fraîcheur qui faisaient plaisir à voir et à entendre. Notre ami JLD, persuadé sans doute de tenir un sujet porteur, s'engouffre dans la brèche.

Il commence par la question traditionnelle, posée de façon candide mais qui tient plus du foutage de gueule qu'autre chose "tout le monde se demande comment vous avez fait". Alors cher Jean-Luc, au risque de casser un mythe, sache que ce n'est pas parce qu'une femme vit avec une autre femme que son corps cesse de fonctionner. L'invitée lui explique donc qu'elles ont fait une insémination artisanale. JLD ouvre des yeux grands comme des soucoupes, et insiste lourdement et naïvement sur l'adjectif artisanale. La pauvre Kelly a beau préciser que c'est quelque chose de bien connu chez les couples gays qui essaient d'avoir des enfants, le mal est fait. JLD ne va pas la lâcher. Tant pis si elle précise qu'elle ne souhaite pas entrer dans les détails, ça l'intrigue cette histoire notre brave Jean-Luc. Devant ma télé, je m'énerve : aucun assistant, personne dans la prod (qu'il dirige) ne lui a expliqué que certaines pratiques sont illégales en France et qu'il ne fait peut-être pas bon détailler le processus d'une IA ?

Les questions s'enchaînent, toutes posées de naïvement, ce qui a le don de faire rire à la fois JLD et le public, qui finalement ne rit pas des questions, mais de la situation de ces deux pauvres invitées. Présents sur le plateau, les comédiens de Clara Sheller (deux épisodes ont été diffusés juste avant, JLD, c'est aussi le roi de la transition) sourient en douce eux-aussi, Patrick Mille allant jusqu'à demander à Kelly pourquoi elle n'a pas couché avec un type sans rien lui dire. Mieux vaut entendre ça que d'être sourd. Les filles expliquent qu'elles ont trouvé leur donneur par le biais d'une collègue, et là, c'est la mise à mort du taureau. JLD leur demande ce qui va se passer avec le père du bébé, s'il veut voir son enfant etc. Elles leur explique qu'il pourra évidemment le voir mais qu'elles ne veulent pas qu'il s'implique dans son éducation. Présenté comme cela, elles sont en train de passer pour deux garces alors que la réponse est totalement sortie d'un contexte bien particulier. C'est à ce moment que j'ai appuyé sur la touche pause de ma télécommande, c'en était trop pour moi. J'avais de la peine pour ces deux filles seules dans l'arène et un énervenement trop grand face à la connerie des gens.

Cher Jean-Luc, la prochaine fois que vous vous lancerez dans des sujets que vous ne maîtrisez pas (et je ne vous jette pas la pierre), s'il vous plait, préparez davanatage vos questions ou ne vous aventurez pas en dehors des sentiers battus.

Cactus

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25 novembre 2008

Mercredi...le jour des enfants ???

La communauté des futures homomamans est en passe de faire exploser les statistiques...mercredi sera le jour DES enfants ou ne sera pas.
On croise d'ores et déjà pour un certain nombre d'entre elles.
Croisage activé.
Vous pouvez vous joindre à nous si le coeur vous en dit !

Mutine

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21 novembre 2008

Stress generation

Mutine et moi sommes deux grandes lectrices, bien que nous ayons des goûts très différents. Elle est fan de polars, alors que je lis plus facilement ce que j'appelle "les romans de gonzesses", ces bouquins qui se lisent rapidement sur la plage. Je dévore aussi les romans historiques et pas mal d'essais, surtout politiques.

Cette semaine, pendant mon voyage parisien (un aller-retour pour une réunion mardi, j'ai enfin testé le TGV), j'ai découvert L'open space m'a tuer. Très orienté sur les entreprises de communication, de pub ou d'informatique, ce livre rapporte un certain nombre d'anecdotes concernant les jeunes cadres dynamiques qui n'ont plus les dents aussi longues que par le passé. Pressés par leurs N+1, comme il est convenu de les appeler, (eux-mêmes pressés par leur propre patron), ils enchaînent les heures, remplissent des timesheets heure par heure pour qu'on puisse vérifier qu'ils sont toujours occupés et travaillent dans les fameux open space où la place de chacun est révélatrice : aux nouveaux on attribue un bureau très exposé, l'écran de l'ordinateur orienté de façon à ce que tout le monde puisse le voir (exit donc la consultation, même rapide, de ses mails perso). Certains développent même des tendinites à force de pianoter sur les Blackberry alors que d'autres en sont littéralement accros, au point de consulter.

Je n'en suis évidemment pas encore là, en particulier parce que je suis très loin de travailler autant d'heures qu'eux. Mais j'ai été interloquée et me suis retrouvée dans certains passages. Si vous en avez l'occasion, jetez-y un oeil.

Alexandre des Isnards et Thomas Zuber. L'open space m'a tuer. Hachette Littérature, 2008.

Cactus

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19 novembre 2008

Songes

Je fais souvent des rêves en ce moment, alors que je suis éveillée. Je réfléchis, j'imagine, dans la tram, dans le train hier en allant à ma réunion parisienne (totalement inutile, 1000 km et une réelle fatigue à courir après les train, métro et RER), j'essaie de deviner à quoi pourront bien ressembler les mois à venir.

Fatalement (?), j'en arrive toujours, à un moment ou à un autre, à nous imaginer Mutine et moi en train d'attendre enfin Léonidas. L'autre soir, en attendant notre tour chez super-gygy, j'ai entendu les battements d'un tout petit cœur à travers la porte de la salle d'échographie. Je les ai pris en plein ventre, alors que c'est une joie en principe d'entendre ces battements de vie. Est-ce qu'un jour aussi on aura la chance d'entendre cette douce musique, si rapide et si forte ? Le plus fatiguant finalement, c'est de passer d'un état plein d'espoir à un état de vide (dans tous les sens du terme). De vivre par quinzaines de jours, de compter ces jours. D'arriver à se détacher de tout ça, tout en sachant qu'évidemment, ça n'arrivera pas sans y penser. Pourtant, je crois que l'on y arrive malgré tout, mais jamais très longtemps. L'an dernier, j'arrivais à penser à autre chose en me refugiant dans le boulot, mais cette année, je n'en ai plus envie.

Quand viendra notre tour ? Personne ne le sait. Ni s'il viendra un jour d'ailleurs. Au fil des voyages, l'excitation d'aller (essayer de) faire un bébé s'est émoussée. Il y a toujours une joie de pouvoir reprendre la route, mais aussi de la fatigue accumulée, et l'espoir qui se réduit à chaque passage de la frontière. L'autre fois, en quittant la Belgique pour entrer au Luxembourg, j'ai dit au panneau "au revoir maintenant, et pour de bon". Ben non, pas pour de bon. Je rêve de ce moment où plus aucun doute ne sera permis, où on sera sûres, certaines que notre petite praline se sera enfin accrochée. Je rêve de ce moment où on entendra à notre tour battre son petit coeur, et j'espère qu'aucune patiente dans la salle d'attente de super-gygy ne prendra ces battements en plein ventre. Je rêve du jour où l'on découvrira s'il s'agit d'un petit poilu ou d'une petite miss à couettes. Je rêve de tout cela, et du jour où enfin, nos regards croiseront celui de cette toute petite chose. J'espère me réveiller bientôt et vivre ce rêve les yeux grand ouverts.

Cactus

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14 novembre 2008

On tourne la page !

Notre 1er essai uzien s'est achevé officiellement ce soir. Nous ne sommes plus tristes. On tourne la page, on efface tout et on recommence ;-)))

Cactus

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12 novembre 2008

Est-ce qu'un jour ça sera notre tour ?

Les meilleures plaisanteries étant les plus courtes, Mutine et moi avons pris hier soir une grande décision : on a voulu savoir. On ne supportait plus cette attente et en plus, le calendrier étant ce qu'il est, il faudrait agir vite en cas de négatif.

Ce matin donc, sur le chemin du boulot, je m'arrête au labo pour faire une prise de sang. Pour ne pas succomber à la tentation, je n'ai pas demandé le code-d'accès-numéro-de-dossier pour être sûre que je ne téléphone pas à midi pour savoir si oui ou non Léonidas s'est enfin installé. Je n'avais aucune envie d'apprendre ça au boulot. La journée n'a pas été si longue que ça, même si je ne suis pas en forme, j'ai de grosses fringales vraiment désagréable et une salle de lecture pleine à gérer cet après-midi.

Ce soir donc, sur le même chemin, je m'arrête chercher mes résultats. La secrétaire ne bronche pas. Je rentre, j'en ai les jambes qui tremblent. Mutine m'attend, pas très vaillante non plus, assise sur le canapé. Je n'ose pas ouvrir l'enveloppe. Dans un instant, on va savoir. Dans un instant, on ne pourra plus faire comme si on ignorait ce résultat ni continuer à espérer parce que tant qu'on ne sait pas, tout est possible. D'un geste, comme on arrache un pansement, le feuillet s'ouvre et le résultat tombe comme une guillotine : ≤ 1 uI/L. En un mot, un seul : négatif. Négatif de chez négatif. Rien ne s'est passé. Une pipette gâchée. Des espoirs envolés. De l'énergie gaspillée. Et une grosse envie, après quelques larmes d'épuisement, de tout casser.

Pour la première fois je crois, je ne suis pas triste. Je suis énervée. Je suis bien incapable de dire par quoi ou contre quoi. Je me demande ce qu'il faut faire, puisque tout semble fonctionner correctement, pour qu'enfin une prise de sang nous dise des choses gentilles et non pas "vous l'avez dans l'os" ou "pas de pot, vous allez bientôt faire une fausse couche". Moi aussi je veux une prise de sang qui affiche que ça y est, on a gagné, qu'aux deux semaines d'incertitude vont succéder neuf mois d'angoisses, de questions, de découvertes, d'émotions. Moi aussi j'ai envie de connaître ça.

Dès demain, la routine va se remettre en marche. Essayer de joindre super-gygy, lui dire une fois encore que ça n'a pas marché, arriver à caler un RV pour récupérer les ordonnances, pour planifier les échos. Jongler encore une fois avec des emplois du temps rigides. A l'heure où je rédige ce post, je ne sais pas si comme prévu, on pourra enchaîner rapidement. Je me raccroche à cet espoir de pouvoir retenter vitre notre chance, même si je ne sais pas si je survivrai à une nouvelle attente de quinze jours.

Cactus

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10 novembre 2008

Coucou Bébé,

 

Je me décide après quelques semaines de silence à reprendre la plume virtuelle pour t’écrire, pour te dire, pour te raconter la vie, notre vie, celle là même que nous aimerions tant partager avec toi.

 

Cela fait si longtemps que nous t’imaginons, si longtemps que nous envisageons ton prénom, si longtemps que nos rêves se dessinent autour de la famille que nous souhaitons devenir.

 

Cela fait plus d’un an maintenant que nous essayons concrètement, contre vents et marées et surtout calendrier défavorable, de te fabriquer à coup de petites pilules magiques et/ou de picpic du bonheur.

 

Chaque périple belge est un mélange d’espoir, de tendresse mais aussi de fatigue et de stress.

 

A chaque nouveau voyage, c’est un peu plus de la fatigue et un peu moins d’espoir.

 

C’est pour ça que maintenant, c’est le bon moment pour que tu t’accroches. Nous sommes impatientes, nous sommes prêtes à t’accueillir, ça y est nous l’avons notre maison, ta chambre est prête à être refaite pour ne servir qu’à toi, on a même déjà acheté les rideaux qui décoreront ta fenêtre.

 

Tu sais, tu n’as rien à craindre, le bidon de ta maman sera le plus doux et le plus confortable matelas que tu auras à connaitre pendant quelques mois, tu pourras, chanceux, aller partout avec elle, tu seras, au creux d’elle, installé de la façon la plus confortable qui puisse exister.

 

Et je serai là, juste à coté, tu me sentiras à travers le bidon, tu m’entendras, tu m’écouteras…

 

Tous les matins pour te réveiller doucement, une petite caresse, et tous les soirs pour te souhaiter bonne nuit, un bisous nombrilesque. Je te lirai des histoires ou te chanterai des chansons selon l’humeur et promis, j’essaierai de ronfler en douceur !

 

Et puis, plein de monde t’attend, toutes les copines qui croisent pour nous vont avoir des crampes à force !

 

Lilise et Loulou veulent un(e) petit(e) copain (ine) pour leurs vacances strasbourgeoises.

 

Ta mamiefran a déjà exhumé de ses placards de vieilles reliques…(bon promis si tu es un petit mec on demandera une dispense de portage de jolie robe à fleur) qui m’appartenaient jadis !! Bon elle a poussé un cri d’horreur quand on lui a dit qu’on t’appellerait Leonidas…mais ne t’inquiète pas, elle ne pourra que t’adorer.

 

Tes grands-parents (qu’on ne sait pas encore comment nommer, mais je verrais bien papilou et mamilou ou quelquec hose dans le genre), ne sont pas encore vraiment prêts à l’idée que tu viennes mais crois moi cela n’a rien à voir du tout avec toi. Et ta maman et moi ferons ce qu’il faudra, en plus de ton charme naturel, pour que tu sois bien accueilli par tous.

 

Tu feras connaissance de ton tonton nico (si tu es une petite nana, il en sera d’autant plus ravi, c’est ce qu’il « nous a commandé »…), il est un peu étrange (pas moins autant néanmoins que ta mamifran), mais je suis sûre que tu vas l’adorer. Tu pourras lui bavouiller sur les chemises siglées, lui apprendre à devenir un tonton…pourvu qu’il ne t’emmène pas tâter le ballon rond…

 

Peut-être que si tu viens vite, tu connaitras tes arrières grand-parents mais pour ça faudrait que tu te presses un peu, ils ne sont pas éternels eux…

 

Tu verras, notre famille, elle sera spéciale, oui, spéciale. Une famille pas comme les autres, une famille de rêve, notre famille, ta famille à toi.

 

Alors elle te dit ta famille ? Oui ? alors vient, on t’attend !!!

 

Mamounette.

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08 novembre 2008

L'attente

Nous avoilà à mi-chemin de cette attente qui suit chaque nouvelle tentative. La semaine a eu deux visages ; le temps qui semblait parfois suspendu et qui finalement s'est écoulé plus vite qu'on ne le pensait, plus vite qu'on ne le craignait. Le premier week-end est toujours un peu particulier, on se dit que si l'on prend son courage à deux mains pour faire un test ou une prise de sang juste avant la barre fatale des 15 jours, on pourra se dispenser d'en passer un second à attendre.

Oui mais...j'ai le trouillomètre au plus haut. Le moral est fluctuant, Mutine a comme un mauvais pressentiment alors qu'à ce stade de l'attente, nous ne pouvons rien savoir, ni dans un sens ni dans l'autre. Les capsules de progestérone que je prends depuis samedi dernier et qui sont destinées à faciliter un accrochage si accrochage il doit y avoir bouleversent mes perceptions. Je suis fatiguée, vaseuse par moments. Je peux alterner les siestes sur le canapé et les coups de bourre ménage-rangement juste après, comme hier soir jusqu'à 22 heures passées alors que je dormais 2 heures plus tôt.

J'ai le trouillomètre qui atteint des sommets. Pas envie de découvrir brutalement le résultat, mais pas envie non plus de faire une prise de sang et de se retrouver dans la même situation qu'au mois de juin, quand cette même analyse nous avait laissées perplexes, face à une réponse ni-oui ni-non. Et pourtant, il faudra bien se prendre en mains et se décider à prendre le chemin du labo ou à arroser un petit bâtonnet à la maison. Je penche pour l'instant pour la seconde solution, sans avoir encore déterminé le jour de cet arrosage. Si le résultat devait s'avérer négatif, il me faudrait alors repartir à la pêche à l'ordonnance puisque je devrais faire une prise de sang dès le 3e jour du cycle, ce qui ne laisse que peu de temps pour, dans l'ordre : téléphoner à super-gygy, arriver à la joindre, voir avec elle si on repart sur une stim ou pas, passer au cabinet chercher l'ordonnance. Je passe sur la situation la plus défavorable qui puisse nous arriver, à savoir une prise de sang à faire le 17 novembre parce que je pars en déplacement l'après-midi, que je n'aurai pas les résultats avant de partir, que le labo ne veut pas me les donner par téléphone et que Mutine ne pourra pas aller les chercher parce qu'il faut presque passer un test ADN pour qu'on vous les donne si la secrétaire ne vous connait pas (l'autre fois, j'ai dû donner mon nom, mon adresse comme d'habitude, puis sortir ma carte vitale. J'étais prête à dégainer ma carte d'identité). Bref, pour une prise de sang faite à J3, au mieux, les Belges n'auront les résultats qu'à J5 parce que je rentre à J4 tard le soir. Définitivement, je passe sur cette hypothèse, il vaut mieux pour mon moral du week-end !

Je disais donc que cette possibilité du négatif est à prendre en compte parce que si la découverte survenait le week-end prochain, je ne pourrai pas m'organiser pour appeler ma gynéco. Il faudrait donc que l'on sache avant ;-). Mais pas trop tôt quand même, pour ne pas rester sur des interrogations comme la dernière fois. Vous avez tout suivi ?

Cactus

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04 novembre 2008

Bruxelles pluvieux, Bruxelles heureux ?

Je regarde par la fenêtre de notre chambre à l'Eurocap. Il est 8 heures du matin. Pluie. Brouillard. Je n'ai pas le courage d'ouvrir la fenêtre, mais je devine qu'il fait froid. 1er novembre. Le temps est au diapason du calendrier : une vraie météo de Toussaint. Je sors de la douche. Habillée confortablement, j'ai jeté quelques grammes de maquillage sur mes yeux comme à chaque essai. Une espèce de rituel, comme s'il fallait inciter Léonidas à répondre présent, lui montrer qu'il est attendu, que je me prépare pour l'accueillir. 1er novembre. La fête des morts est pour demain et nous allons aujourd'hui essayer de fabriquer une petite vie. 1er novembre. Premier jour férié pour notre "deuxième première fois", à l'UZ cette fois, qui nous accueille 365 ou 366 jours par an. C'est notre quatrième voyage en 2008, notre troisième essai depuis janvier. Est-ce la dernière fois que nous voyons Bruxelles cette année ?

Quatre mois et demis se sont écoulés depuis notre dernière tentative qui nous a beaucoup appris et surtout que ça pouvait marcher. Quatre mois et demis pendant lesquels nous nous sommes attelées aux travaux de l'appart qui touchent peu à peu à leur fin. Quatre mois et demis qui nous ont parfois paru être une éternité mais qui finalement n'auront pas été si difficiles à supporter et ont été nécessaires pour que l'on puisse repartir sereinement.

L'essai est programmé dans moins de deux heures maintenant. Je vis les choses de façon totalement différente par rapport aux essais précédents. Je doute. L'UZ et supe-gygy n'étaient pas totalement d'accord sur le jour où pratiquer l'insémination. 31 octobre contre 1er novembre. C'est toujours les Belges qui ont le dernier mot dans ces cas-là et ils ont choisi le 1er novembre. Je doute, j'ai peur que cela se fasse un poil trop tard alors qu'en même temps, je leur fais totalement confiance, parce que c'est leur quotidien et qu'ils savent ce qu'ils font. Je ne me sens plus fébrile, je ne suis plus impatiente. Je crois que tout simplement, je ne réalise pas ce qui nous arrive. Je ne me rends pas compte que l'on a gagné le droit de tenter notre chance, d'y croire pendant quinze jours. D'espérer qu'un petit va faire son nid au creux de moi.

Dans la rue, tout est calme, il pleut, on ne croise personne, même les abords de l'hôpital sont silencieux. Une douzaine de personnes est installée dans la salle d'attente de l'UZ. A 9h50, comme prévu, l'infirmière nous appelle, nous installe dans le cabinet, elle prépare son matériel alors qu'enfin, nous prenons conscience de ce qui va se passer dans les prochaines minutes. Elle est douce, prévenante, elle explique tous ses gestes. Cinq minutes plus tard, les petits champions sont dans la boîte. Alors, elle nous sert la main, nous souhaite bonne chance et nous laisse tranquillement reprendre nos esprits, Mutine installée à côté de ma tête et moi inclinée sur cette table-chaise si particulière pour que les nagueurs puissent se déplacer à leur aise et franchir la ligne d'arrivée. On se parle, on chuchotte, on se regarde en silence, l'une de nous commencerà fredonner "viens, je t'emmène" et la seconde termine sa phrase "de l'autre côté de la frontière". Pour la première fois, je crois que l'on prend réellement conscience de ce que l'on est en train de faire. Non pas que les essais précédents nous laissent le souvenir de gestes anodins, mais pouvoir prendre le temps d'attendre ensemble, ne pas sauter de la table à peine la pipette vidée de son précieux contenu donne une toute autre impression à cet évènement.

Nous finissons par quitter ce petit cocon, nous descendons vers la sortie, il pleut toujours, nous marchons vers la voiture en nous serrant la main et sans aucune envie de rentrer. Comme si rester à Bruxelles nous protégeait et faisait qu'il ne pouvait rien nous arriver qui ne soit bon. Il faut pourtant bien reprendre la route. Elle sera paisible.

Cactus

Posté par Mutine et Cactus à 20:13 - Chez Edith and Co - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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