Ce printemps, nous nous demandions au détour d'un post si nous étions ou pas militantes, comment nous pourrions contribuer à faire avancer un peu les choses pour que les familles homoparentales sortent de l'ombre, de l'anonymat et de la non-reconnaissance qui sont actuellement les leurs.

Durant le mois de juin, alors que nous attendions le résultat de notre 3e essai, nous avons été contactées sur ce blog par une journaliste travaillant pour France 3. Elle avait lu quelques passages de nos aventures sur le forum Homo et Parents que l'on fréquente quotidiennement et nous demandait si l'on souhaitait participer à la réalisation d'un documentaire dont la diffusion est prévue pour le milieu de l'année 2009 dans le cadre de la révision des lois de bioéthique (celles qui disent, notamment, qu'actuellement qu'il faut être en couple hétéro depuis au moins 2 ans pour pouvoir bénéficier de l'assistance à la procréation en France). Le film veut montrer que le désir d'enfant n'a pas de sexe ni d'âge, en suivant trois couples : deux couples hétéro et un couple de femmes.

Au départ, nous avons été séduites par l'idée. Alors que l'on se demandait précisément comment nous pourrions, à notre petit niveau, contribuer à essayer de faire bouger les choses, on nous offrait l'occasion presque sur un plateau, d'autant que le courant passait vraiment bien avec la réalisatrice du film.

Et puis, de discussions en discussions entre Mutine et moi mais aussi avec les copines du net qui nous ont vraiment bien aidées sur ce coup, la date de la première rencontre approchant, on s'est posé plein de questions, surtout moi. Malgré toutes les précautions qui auraient été prises, j'ai eu peur. On a donc fini par décliner l'offre. Trois semaines plus tard, je ne regrette pas cette décision. Je crois que j'aurais passé mon temps à me demander ce qui aurait pu se passer une fois le film diffusé. Bien sûr, pour faire avancer les choses, il faut aussi accepter de montrer la réalité. La plupart des gens igorent ce que signifient nos parcours, les départs en Belgique ou en Espagne au pied levé, le fait de tout laisser tomber parce qu'une belle ovulation, ça n'attend pas et tant pis s'il faut aller en réunion à l'autre bout de la France. Pour que les choses aient une chance d'évoluer, il faut déjà informer. Oui, mais jusqu'où se mettre soit même en "danger" pour informer ? Je pense que si nous étions dans sur le chemin d'un deuxième ou d'un troisième bébé, les choses auraient été différentes. 

Certainement, quand on regardera le film bien calées dans notre canapé l'an prochain, on se dira que ça aurait pu être nous. Je tire d'avance mon chapeau au couple qui acceptera le défi d'être suivi pendant 9 mois de tournage par une caméra. Et je souhaite un très beau tournage à toute l'équipe.

Cactus