Mais oui, au fait, c’est quoi une famille ? Depuis quelques semaines déjà, je me projette dans mon futur rôle de parent. Quelle place vais-je avoir dans cette famille que nous construisons ?

Quelle place sera légitime et mienne au yeux de ma douce, aux yeux de mini-nous, au yeux de la famille, la mienne et celle de Cactus, aux yeux des autres (les collègues de travail, les voisins, la crèche, la nounou…et tutti quanti) et … aux yeux du monde entier ?

Je me sens parent à part entière, je me sens le parent, qui n’enfante pas certes, mais qui n’en demeure pas moins la moitié du Nous qui a conçu ce bébé dans son cœur.

Si j’étais un homme, je serai Capitaine…mais non, là je délire sur Diane Tell ( !).

Si j’étais un homme donc, je serai tout simplement un papa, et il n’y aurait pas à réfléchir plus longtemps. Je pourrais d’ailleurs être le pire des pères, que je n’en demeurerais pas moins légitime.

Mais je suis une femme, alors qui suis-je ? Que suis-je ?

Je suis une maman, oui mais … une « mère on n’en a qu’une », enfin dans l’inconscient général, c’est ainsi. Pour imposer cette idée en douceur, que faut-il faire ? Comment faire comprendre aux réfractaire que si c’est possible d’avoir 2 mamans, et même 2 papas, ou encore 2 mamans et 2 papas…comment faire bouger les mentalités ?

Comment faire accepter à tout un chacun ce qui nou semble si naturel et simple, à nous «homoparents » ?

Dans le fond, je ne sais pas si je suis une 2ème maman, je ne sais pas si je suis une maman sociale.

Ce que je suis, se traduit par rapport aux autres, et dans cette perspective peut importe qui je suis. Pour moi l’essentiel c’est ce que je ressent, ce que je me sens. Et moi, je me sens une maman, une des 2 parents qu’un enfant peut avoir. Finalement c’est simple.

Reste juste à espérer, de façon illusoire mais néanmoins qu’un jour la société me traitera ainsi, simplement mais honnêtement. Parce qu’une maman, c’est ce que je serai, qu’elle le veuille ou pas.

Ce genre de certitude, de sentiment puissant qui habite mes tripes, ça me donne une force incroyable en même temps qu’une trouille bleue. Mais il me reste un peu de temps devant moi pour absorber tout ça, ce n’est que dans 4 mois que débutera la grande aventure…

Mutine

PS : toute cette réflexion a émergé à la lecture d’un livre qui vaut le coup d’être lu.

GROSS, Martine. Fonder une famille homoparentale. Ramsay, 2005.