Longtemps, j'ai cru que pour vivre heureux il fallait vraiment vivre caché.
Longtemps, j'ai accordé trop d'importance à ce que les gens pensent ou pire, peuvent penser. Mutine vous dira que c'est encore le cas aujourd'hui ;-)
Longtemps, je n'ai pas voulu entendre parler d'un enfant.
Longtemps, je me suis dit que non, nous n'avions pas le "droit" de prétendre devenir parents. Aujourd'hui encore, parce que certaines personnes vivent différemment des autres, les lois ont décidé qu'elles n'étaient pas dignes d'accueillir un enfant sous leur toit.
Longtemps, je me suis dit que ce n'était pas le moment, qu'on avait le temps, qu'il fallait profiter des nos premières années professionnelles pour faire son trou et qu'on verrait après.

Longtemps, longtemps, et puis...

Et puis, petit à petit, l'oiseau a fait son nid, et l'idée a mûri.
Et cette vague idée a grandi, s'est affirmée et s'est finalement imposée, toute seule, sans qu'on s'en rende compte.

Un jour, tout est devenu évident. Ce jour-là, toutes mes craintes, mes angoisses de ne pas pouvoir, de ne pas savoir porter un enfant se sont envolées. Sans raison, sans explication. Ce jour-là, j'ai su qu'on était prêtes, j'ai su qu'on pourrait le faire, j'ai su qu'on avait la force indispensable pour se lancer dans cette formidable aventure. Voir fleurir tous ces bébés autour de nous a certainement contribué  à faire murir cette idée.

Ce Mini-Nous qui n'existe pas encore n'est finalement que le prolongement naturel de ce qui nous lie Mutine et moi. Quelque chose qui ne s'explique pas, qui se ressent, qui se fait de plus en plus pressant. Quelque chose qui se manifeste quand on ne s'y attend pas. On se balade dans un grand magasin et voilà-t'y-pas qu'on se retrouve aux rayons des poussettes sans s'en rendre compte. On voit des bidons ronds partout dans la rue et on espère qu'on pourra bientôt "parader" le bidon en avant. On entend vaguement pleurer un bébé quelque part et on tend l'oreille en se disant "tiens, il est tout neuf celui-là".

Un jour, on sait qu'on est prêt à devenir parents. On sait qu'on est prêt à accueillir une 3e personne sous son toit. On sait que le couple sera assez solide pour passer de 2 à 3. Quand une telle certitude pointe le bout de son nez, il n'y a pas a hésiter.

Cactus